•             Agathe courut en direction de Lyov qui gisait sur le sol, inconscient. George fit rapidement le tour de la petite clairière. Agathe parvint à ranimer Ivannovsky. Ce dernier murmura :

                -Lena… Ils l’ont emmenée.

                -Qui ça, « ils » ? le pressa l’Anglais qui s’était penché sur lui.

                -Laisse-le tranquille, ordonna la journaliste en repoussant Livingstone. Il faut qu’il recouvre entièrement ses esprits. Rends-toi utile, occupe-toi de lui pendant que je remets un bandage sur sa jambe. Ils ont rouvert sa blessure. Je ne suis pas médecin mais je peux au moins l’empêcher de se vider de son sang.

                -Je m’en occupe, offrit George, j’ai l’habitude de ce type de coupure.

                Il se pencha sur la jambe ensanglantée de Lyov.

                -Où sont vos sacs à dos ? demanda-t-il au Russe. J’ai besoin du matériel de Lena.

                -Buisson, souffla l’informaticien au bord de l’évanouissement.

                -Reste avec nous, l’encouragea Agathe. Tu vas t’en sortir, c’est juste une méchante plaie, rien de grave.

                -Ont-ils volé quelque chose ? l’interrogea à nouveau George qui revenait avec les deux sacs.

                -Sais pas…

                -Je vais essayer de refermer ta blessure, Lyov, annonça-t-il. Cela risque d’être douloureux.

                -Peut pas être pire, grimaça le Russe.

                -Au moins tu as conservé une partie de ton sens de l’humour, tenta Agathe pour détendre l’atmosphère même si elle s’inquiétait beaucoup pour Lena.

                Tandis que George jouait l’apprenti chirurgien, la journaliste faisait son possible pour distraire Lyov de sa douleur. Ne sachant quoi dire, elle lui parla des choses les plus drôles qu’elle connaissait au sujet des hommes politiques français. Elle parvint à captiver l’attention du jeune Russe qui, malgré quelques cris de souffrance, sourit parfois aux propos de la journaliste. Quand l’espion anglais eut prodigué les soins nécessaires à la jambe d’Ivannovsky, celui-ci s’était endormi. Les deux Européens en profitèrent pour faire l’inventaire du contenu des sacs de l’Allemande et du Russe. Rien ne manquait. Ils étaient tous deux inquiets pour la jeune mère de famille mais ils ne pouvaient partir à sa recherche, faute de savoir qui l’avait enlevée et par où ils étaient partis. George laissa entendre qu’il pouvait s’agir des terroristes car aucun Coréen ne semblait habiter à proximité, mais ils ne pouvaient risquer de compromettre la mission en se lançant au secours de Lena.

                -Nous attaquerons demain à la première heure, décréta Livingstone. Nous aurons une chance de récupérer Lena.

                -Mais nous ne pouvons pas aller là-bas si nous n’avons pas de plan, lui rappela Agathe.

                -Ne t’en fais pas pour ça, j’ai réfléchi à la question. Je t’expliquerai tout quand Lyov sera revenu à lui.

                La jeune journaliste profita de ce moment pour faire un rapport sur son magnétophone des derniers évènements. Lorsque Lyov se réveilla, il faisait déjà nuit. Les trois amis mangèrent un peu et l’informaticien leur raconta ce qu’il s’était passé.

                -Lena avait posé nos affaires dans le buisson car elle disait qu’elle avait ainsi l’impression qu’elles étaient rangées. Nous avons discuté pendant, réfléchit Lyov, au moins une heure. Puis, quatre hommes, sortis de nulle part se sont précipités sur nous. Deux d’entre eux se sont jetés sur Lena. Ils ont mis sa tête dans un sac et l’ont emmenée entre les arbres. Quant à moi, je n’ai rien pu faire. Un homme me maintenait fermement immobile pendant qu’un autre, qui avait aperçu mon bandage, le découpait. Le sang s’est mis à couler et j’ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé, vous étiez là.

                -As-tu vu leur visage ? demanda George.

                -Pas avec précision, mais une chose est sûre, pas un seul asiatique parmi eux.

                -Donc ce sont bien nos hommes, déduisit Agathe qui raconta ensuite au Russe ce qu’ils avaient découverts de leur côté.

                -Nous pouvons agir dès demain matin, conclut George.

                -Je ne sais pas si je pourrais marcher jusque là-bas, se désola Lyov.

                -Je te porterais, décréta l’Anglais.

                -Non ! protesta-t-il.

                -Ce n’est pas une proposition, Ivannovsky.

                -Tu m’as dit tout à l’heure que tu avais un plan, George, coupa Agathe, soucieuse d’éviter un conflit entre les deux hommes.

                -Parfaitement, confirma l’espion. Nous allons devoir utiliser les compétences de Lyov en informatique. Penses-tu pouvoir infiltrer leur système de sécurité ?

                -Je peux tout faire, répliqua le plus jeune. Mais il faudra peut-être que je sois à l’intérieur du bâtiment.

                -Nous t’y conduirons. Voilà ce que nous allons faire.


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  • Ça y est ! Nos héros passent à l'action ! Ils vont s'attaquer à la base secrète d'Hatori Honda. En sortiront-ils indemne ? Je vous laisse le découvrir sans plus attendre !

     

     

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  •             Tout était blanc. Tout était flou. Tout semblait lointain. Lorsqu’elle revint à elle, Agathe ne savait pas où elle se trouvait. Dans un sursaut, elle tenta de se redresser. Des mains plaquèrent aussitôt ses épaules contre le lit. Une voix masculine parla dans une langue qu’elle ne connaissait pas. Elle se débattit jusqu’à ce qu’une femme prenne la parole dans un très mauvais anglais.

                -Pas de panique, mademoiselle, ici, c’est l’hôpital de Vladivostok.

                -Hôpital, répéta Agathe, la gorge sèche.

                -Oui, c’est ça, répondit la voix. Vous vous souvenez de votre jambe ?

                Trop bien justement. Elle se souvenait de tous les détails. Les coups de feu, l’homme blessé dans le cachot, l’accident de moto, la douleur, l’agonie de George. Tout lui revenait. L’horreur des scènes qui se jouaient devant ses yeux la fit se débattre à nouveau. Les infirmiers lui administrèrent un sédatif pour la calmer et elle replongea dans les ténèbres.


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  •             Dans la salle de répétition, Guillaume et Thomas rejouaient l’une des scènes de leur pièce pour la quatrième fois d’affilée. Et inlassablement, Robson demandait à son camarade de se concentrer mais ce dernier prêtait une oreille bien plus attentive aux paroles du présentateur radio qu’aux répliques de son ami. Thomas le connaissait, il savait qu’il n’obtiendrait rien de Guillaume tant que celui-ci n’aurait pas entendu ce qu’il voulait. Voilà deux jours qu’Avignant ne quittait pas son poste de radio, attendant des informations concernant l’intervention des Nord Coréens qui devaient arrêter Hatori Honda et renvoyer en Russie les cinq membres de la mission secrète menée par les occidentaux.

                Thomas finit par s’asseoir et, comme son camarade, écouta attentivement les paroles du présentateur. Ce dernier parlait pour la énième fois de l’incendie qui ravageait les forêts du Var. Des habitations avaient dû être évacuées à cause des flammes. Il aborda ensuite les thèmes récurrents du taux chômage qui ne cessait d’augmenter et de l’âge de départ à la retraite qui risquait d’être encore repoussé.

                -Pour terminer cette édition, conclut-il, je laisse la parole à notre correspondant en Russie. Déclaration enregistrée il y a quelques minutes à peine.

                -Du nouveau dans l’affaire Honda, débita une voix différente. Les équipes nord coréenne sont parvenues au quartier général du terroriste dans la journée d’hier. D’après nos informations, ils auraient trouvé de nombreux cadavres dont celui d’Hatori Honda. Il aurait été tué par balle. Apparemment, l’équipe d’intervention envoyée par les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, l’Angleterre et la Russie serait arrivée sur place avant eux. Il semblerait que seul l’un de ses membres soit encore en vie à l’heure actuelle. Nous ignorons encore son identité.

                -C’est la fin de ce journal, reprit le présentateur. Je vous laisse avec l’émission culinaire de Madeleine Portier.

                Dans la salle de répétition, Guillaume accueillit cette annonce comme il l’aurait fait pour un coup de poing dans la poitrine : il eut un mouvement de recul et sa respiration se bloqua l’espace d’une seconde. Il inspira soudainement une grande goulée d’air comme s’il était resté en apnée de longues minutes. Ressentant sans peine la détresse de son camarade, Thomas s’efforça de le calmer :

                -Ne t’inquiète pas, ça ne peut être qu’Agathe.

                -Ils étaient cinq, articula Guillaume.

                -Ce qui fait une chance sur cinq. Vingt pour cent de chance que ce soit elle.

                -C’est horrible pour les quatre autres, ce que tu viens de dire, fit remarquer Avignant.

                -Je sais bien mais leurs proches souhaitent eux aussi voir revenir celui qu’ils connaissent.

                -Justement, pourquoi Agathe serait-elle la seule survivante ?

                -Il faut bien que ce soit quelqu’un, hasarda Thomas.

                -Oui. Et il est quatre fois plus probable que ce soit quelqu’un d’autre.

                -Cette conversation ne mène à rien, Guillaume, soupira-t-il. Il est inutile de calculer. Tout ce que nous devons faire, c’est attendre.

                -Attendre quoi ? demanda l’acteur, hébété.

                -Que les médias nous donnent un nom. On ne peut rien faire d’autre, Guy, expliqua-t-il. Je suis désolé.

                Guillaume ne répondit pas. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Il y a quelques jours, il ignorait si Agathe pourrait revenir en vie. Lorsque la télévision avait annoncé par la suite que les occidentaux seraient reconduits à la frontière russe par les Coréens, pas une seule seconde il n’avait pensé qu’elle ne ferait pas partie du voyage et il la voyait déjà de retour à Paris. Mais à présent, il était de nouveau plongé dans le doute et l’angoisse. Je t’en prie, Agathe, dis-moi que tu es en vie, espéra-t-il en prenant sa tête entre ses mains.


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  • La fin est proche ! Les six derniers chapitres étant les plus courts, ils seront tous publiés d'ici dix jours. Vous saurez enfin ce qui arrive à nos deux héros !

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