• JtlP.15 : Près du fleuve Kumya, Corée du Nord Le 12 avril, à 15h35

                Agathe courut en direction de Lyov qui gisait sur le sol, inconscient. George fit rapidement le tour de la petite clairière. Agathe parvint à ranimer Ivannovsky. Ce dernier murmura :

                -Lena… Ils l’ont emmenée.

                -Qui ça, « ils » ? le pressa l’Anglais qui s’était penché sur lui.

                -Laisse-le tranquille, ordonna la journaliste en repoussant Livingstone. Il faut qu’il recouvre entièrement ses esprits. Rends-toi utile, occupe-toi de lui pendant que je remets un bandage sur sa jambe. Ils ont rouvert sa blessure. Je ne suis pas médecin mais je peux au moins l’empêcher de se vider de son sang.

                -Je m’en occupe, offrit George, j’ai l’habitude de ce type de coupure.

                Il se pencha sur la jambe ensanglantée de Lyov.

                -Où sont vos sacs à dos ? demanda-t-il au Russe. J’ai besoin du matériel de Lena.

                -Buisson, souffla l’informaticien au bord de l’évanouissement.

                -Reste avec nous, l’encouragea Agathe. Tu vas t’en sortir, c’est juste une méchante plaie, rien de grave.

                -Ont-ils volé quelque chose ? l’interrogea à nouveau George qui revenait avec les deux sacs.

                -Sais pas…

                -Je vais essayer de refermer ta blessure, Lyov, annonça-t-il. Cela risque d’être douloureux.

                -Peut pas être pire, grimaça le Russe.

                -Au moins tu as conservé une partie de ton sens de l’humour, tenta Agathe pour détendre l’atmosphère même si elle s’inquiétait beaucoup pour Lena.

                Tandis que George jouait l’apprenti chirurgien, la journaliste faisait son possible pour distraire Lyov de sa douleur. Ne sachant quoi dire, elle lui parla des choses les plus drôles qu’elle connaissait au sujet des hommes politiques français. Elle parvint à captiver l’attention du jeune Russe qui, malgré quelques cris de souffrance, sourit parfois aux propos de la journaliste. Quand l’espion anglais eut prodigué les soins nécessaires à la jambe d’Ivannovsky, celui-ci s’était endormi. Les deux Européens en profitèrent pour faire l’inventaire du contenu des sacs de l’Allemande et du Russe. Rien ne manquait. Ils étaient tous deux inquiets pour la jeune mère de famille mais ils ne pouvaient partir à sa recherche, faute de savoir qui l’avait enlevée et par où ils étaient partis. George laissa entendre qu’il pouvait s’agir des terroristes car aucun Coréen ne semblait habiter à proximité, mais ils ne pouvaient risquer de compromettre la mission en se lançant au secours de Lena.

                -Nous attaquerons demain à la première heure, décréta Livingstone. Nous aurons une chance de récupérer Lena.

                -Mais nous ne pouvons pas aller là-bas si nous n’avons pas de plan, lui rappela Agathe.

                -Ne t’en fais pas pour ça, j’ai réfléchi à la question. Je t’expliquerai tout quand Lyov sera revenu à lui.

                La jeune journaliste profita de ce moment pour faire un rapport sur son magnétophone des derniers évènements. Lorsque Lyov se réveilla, il faisait déjà nuit. Les trois amis mangèrent un peu et l’informaticien leur raconta ce qu’il s’était passé.

                -Lena avait posé nos affaires dans le buisson car elle disait qu’elle avait ainsi l’impression qu’elles étaient rangées. Nous avons discuté pendant, réfléchit Lyov, au moins une heure. Puis, quatre hommes, sortis de nulle part se sont précipités sur nous. Deux d’entre eux se sont jetés sur Lena. Ils ont mis sa tête dans un sac et l’ont emmenée entre les arbres. Quant à moi, je n’ai rien pu faire. Un homme me maintenait fermement immobile pendant qu’un autre, qui avait aperçu mon bandage, le découpait. Le sang s’est mis à couler et j’ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé, vous étiez là.

                -As-tu vu leur visage ? demanda George.

                -Pas avec précision, mais une chose est sûre, pas un seul asiatique parmi eux.

                -Donc ce sont bien nos hommes, déduisit Agathe qui raconta ensuite au Russe ce qu’ils avaient découverts de leur côté.

                -Nous pouvons agir dès demain matin, conclut George.

                -Je ne sais pas si je pourrais marcher jusque là-bas, se désola Lyov.

                -Je te porterais, décréta l’Anglais.

                -Non ! protesta-t-il.

                -Ce n’est pas une proposition, Ivannovsky.

                -Tu m’as dit tout à l’heure que tu avais un plan, George, coupa Agathe, soucieuse d’éviter un conflit entre les deux hommes.

                -Parfaitement, confirma l’espion. Nous allons devoir utiliser les compétences de Lyov en informatique. Penses-tu pouvoir infiltrer leur système de sécurité ?

                -Je peux tout faire, répliqua le plus jeune. Mais il faudra peut-être que je sois à l’intérieur du bâtiment.

                -Nous t’y conduirons. Voilà ce que nous allons faire.


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