• JtlP.24 : Bois de Boulogne, Paris, Le 18 avril, à 16h30

                Agathe et Guillaume avaient pris place sur un banc en face du lac. Près d’eux, des enfants jetaient des pierres dans l’eau. Elles ricochaient et laissaient des ronds à la surface du lac. L’onde se propageait alors à l’infini. Pour ne pas troubler le spectacle, les canards avaient choisis de s’installer sur la rive et regardaient avec curiosité les deux enfants qui s’amusaient. Un cygne se posa sur l’eau, brisant les cercles qui toujours grandissaient. Effrayés, les enfants reculèrent lorsque l’oiseau blanc passa près d’eux. Comprenant finalement qu’il n’était pas dangereux, il furent émerveillés par sa majesté et le laissèrent même s’approcher. Puis, ayant fini de jouer, les enfants repartirent main dans la main. Le cygne sortit alors de l’eau et prit leur place dans l’herbe grasse. Paisible, l’animal semblait apprécier la compagnie d’Agathe et Guillaume.

                L’homme avait entouré les épaules de la jeune femme de son bras tandis que celle-ci restait immobile, lovée contre lui. Ils ne disaient rien, savourant simplement chaque seconde. Ils étaient réunis. Le temps semblait s’être arrêté. Aucun promeneur ne passait près d’eux, le vent ne soufflait plus dans les arbres, le cygne avait allongé son cou dans l’herbe, le ciel lui-même semblait regarder les amoureux avec bienveillance. C’était comme si le monde entier acceptait enfin de les laisser en paix. Les pensées d’Agathe s’envolèrent et se perdirent au fond de l’azur immense. Elles choisirent de se poser, légères comme les voluptueuses plumes du cygne, en Corée du Nord, aux abords du fleuve Kumya. Agathe éclata en sanglots. Guillaume ressentie la détresse de sa bien-aimée jusqu’au plus profond de son être. Il referma ses bras autour d’elle dans un geste protecteur. D'une voie coupée par l'émotion, Agathe lui raconta tout. Depuis son départ de Paris, jusqu’à son arrivée dans cette même ville, elle n’oublia aucun détail. Elle semblait être de nouveau calme mais Guillaume la savait tourmentée alors il la serrait toujours un peu plus contre sa poitrine, afin qu’elle n’oublie pas la douceur de la réalité.

                Le soleil disparaissait derrière la cime des arbres quand Agathe acheva son récit. Guillaume la tint contre lui quelques minutes encore pour qu’elle recouvre ses esprits, puis il lui proposa de rentrer. Elle acquiesça. Il l’aida à se relever et la laissa s’appuyer sur lui pour rejoindre la moto. Elle parut marcher avec moins de difficulté qu’au sortir de l’avion, comme si la présence de Guillaume avait soulagé sa douleur.


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