• JtlP.25 : Appartement de Guillaume, Paris Le 18 avril, à 19h30

                 Guillaume avait voulu préparer un plat de spaghettis. Suivant à la lettre une recette, il avait trouvé le moyen de rater sa sauce à la tomate. Riant de bon cœur, Agathe avait dû recommencer la préparation.

                -Si tu as tout fais brûler, expliqua-t-elle, c’est parce que le feu sous la casserole était trop fort, il faut le baisser.

                -J’aime t’entendre rire, lui dit Guillaume en la regardant s’affairer sur le plan de  travail de la cuisine. Ton rire est cristallin, lumineux, coloré.

                -Tiens, tu as fais un alexandrin, s’amusa Agathe qui ne s’attendait pas à un tel compliment.

                -Et oui, avec toi je deviens poète ! s’exclama Guillaume en plaquant en baiser sonore sur la joue de la jeune femme dont le visage s’empourpra immédiatement.

                -Le poète pourrait-il vérifier la cuisson des pâtes ? C’est drôle, j’ai l’impression qu’il y a une odeur de brûlé.

                -Tu as raison, confirma-t-il en en se penchant au-dessus de la large marmite. Euh, il y a comme un problème. L’eau s’est évaporée. Toute l’eau.

                Incrédule, Agathe jeta un coup d’œil à l’intérieur du fait-tout. Guillaume disait vrai. Tombé au fond de la marmite, un tas de spaghettis brûlait. Avignant la retira de la plaque de cuisson, la posa dans l’évier et fit couler de l’eau à l’intérieur.

                -C’est malin, qu’est-ce qu’on va manger maintenant ? grommela-t-il.

                Son regard croisa celui d’Agathe et ils éclatèrent de rire.

                -Puisqu’il n’y a plus de pâtes, oublions la sauce à la tomate, décida la journaliste en arrêtant sa préparation.

                -Je crois que j’ai des haricots en conserve dans le placard, signala Guillaume en ouvrant une porte au-dessus de l’évier. Oui, il y en a.

                -Va pour des haricots, alors, accepta Agathe. Tâchons de ne pas les rater !

                Grâce au minuteur qu’Agathe avait trouvé dans un tiroir, la cuisson des légumes fut un succès. Ils purent passer à table vers 20h00. Guillaume répartit les haricots en deux parts puis apporta les assiettes dans le salon qui servait aussi de salle à manger. Agathe le rejoignit en sautillant avec des verres à eau qu’elle posa sur la longue table en bois au moment où la télévision, qui était restée allumée, débitait :

                -Surprise à l’Elysée. Le président a reçu dans l’après-midi les proches d’Agathe Rousseau mais cette dernière ne s’est pas présentée, préférant s’enfuir avec le comédien Guillaume Avignant avec lequel elle semble avoir une liaison. Dans un communiqué, le président a fait savoir qu’il ne désapprouvait pas leur attitude et qu’il était normal qu’ils désirent se retrouver seuls. Voici quelques images de l’arrivée de Mlle Rousseau en F…

                Guillaume venait d’éteindre le téléviseur.

                -La suite, on la connaît, se justifia-t-il en s’asseyant.

                -Effectivement, l'appuya Agathe.

                -Cela dit, il y a une chose que tu ne sais peut-être pas à propos du président. Je l’ai rencontré il y a quelques jours.

                Tout en mangeant, il entreprit du lui raconter sa visite à l’Elysée. Agathe fut heureuse en apprenant qu’elle était de retour grâce à lui. Elle ne manqua pas de le remercier.

                -Ce n’est pas la peine de me dire merci, la contredit-il. J’ai fais cela par égoïsme. Sans toi, je dépérissais.

                -Je t’aime, lui dit-elle en guise de réponse.

                Elle se leva pour débarrasser la table.

                -Laisse, je vais le faire, l’en empêcha Avignant.

                Il prit les assiettes et les verres et se dirigea vers la cuisine. Restée seule dans le salon avec Chantilly qui la fixait de ses grands yeux sombres, Agathe se demanda ce qu’elle devait faire. Il valait peut-être mieux qu’elle rentre chez elle. En boitant légèrement, elle se dirigea vers l’entrée pour récupérer ses affaires sur le portemanteau. Guillaume sortait tout juste de la cuisine. Il la rejoignit alors qu’elle tendait la main pour saisir sa veste. Se plaçant derrière elle, il arrêta son geste en attrapant délicatement son poignet. Il appuya sa tête sur l’épaule d’Agathe, déposa un baiser dans son cou et murmura :

                -Reste.

                Un frisson de plaisir la parcourut toute entière et elle se retourna dans les bras de Guillaume pour lui faire face. Ils s’embrassèrent.


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