• JtlP.3 : Appartement d’Agathe, Paris Le 8 avril, 3h55

    Un chapitre très court, c'est la raison pour laquelle je publie le chapitre 4 en même temps !

     

     

                Elle était assise sur son canapé-lit, un sac à dos posé sur ses genoux. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, trop anxieuse pour dormir. Elle avait passé en revue ses affaires plusieurs dizaines de fois. Elle avait choisi d’emporter son magnétophone, des vêtements de rechange, un gros pull, un imperméable et une trousse de toilette. Le strict minimum. Comme le lui avait demandé le président. Immobile, dans la pénombre de son studio, elle écoutait l’horloge qui égrenait les secondes avec une lenteur terrifiante. Elle n’osait pas penser, de peur de s’effondrer en ressassant le passé, et en se remémorant tous ces gens, qu’elle risquait de ne jamais revoir. Elle consulta sa montre digitale. Plus que trois minutes avant l’heure fatidique. Deux minutes. Une. En silence, elle se leva, enfila sa veste en cuir et souleva son sac. Elle se dirigea vers la sortie. Elle regarda une dernière fois son appartement avant de fermer la porte à double tour. Elle enfouit la clé dans son sac et jeta ce dernier sur son dos. Lentement, elle descendit les escaliers. Elle n’était pas pressée d’arriver en bas. Plus elle se rapprochait du rez-de-chaussée, plus son angoisse augmentait. Lorsque, au travers de l’entrée vitrée de l’immeuble, elle reconnu le pick-up noir de la veille, son pouls accéléra d’un coup. Blême, elle ouvrit la porte et se dirigea vers la voiture. La reconnaissant, le chauffeur lui fit signe de monter à l’arrière. Cette fois, elle était tout à fait terrorisée. Elle se glissa néanmoins derrière le conducteur. Celui-ci, par politesse, lui demanda :

                -Bien dormi ?

                -Non, murmura-t-elle.

                -Ne vous inquiétez pas, je suis sûr que le Brésil est un pays magnifique.

                -Vous avez sans doute raison, répondit-elle en comprenant qu’il ignorait que ce n’était pas sa destination.

                Il mit le moteur en route, et quitta la rue le plus silencieusement possible, afin de ne pas réveiller les voisins. Le trajet en direction de l’aéroport fut étrangement court, et pour cause : il n’y avait personne sur la route. Une fois sur la piste d’atterrissage, elle fut accueillie par plusieurs hommes en costume. Elle reconnut parmi eux celui qu’elle avait rencontré la veille. Voyant qu’elle le regardait, il se crut obligé de sourire. Lui et ses collègues la firent monter à bord d’un jet privé et s’installèrent à ses côtés à l’intérieur de l’appareil. Le décollage se déroula sans encombre. Elle regarda par le hublot et vit Paris qui, déjà au loin, ne semblait pas être perturbé par son départ. Elle promit alors à la ville entière qu’elle reviendrait. C’est sur ces pensées positives qu’elle s’endormit finalement.


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