• Les mots d'Anglais #2

    Nouveau texte avec des mots imposés !

    Autocritique : je le trouve mieux que le premier.

    Mais vous, qu'en pensez-vous ? Laissez des commentaires !

                «Je suis venue vous voir parce que j’aimerais vous parler d’une souffrance qui m’affecte et aussi du sentiment de culpabilité qui l’accompagne. Ça m’arrive à chaque fois que je vais au restaurant. J’ai toujours envie de commander tout ce qu’il y a sur le menu. C’est ce que je faisais avant, je prenais un plat de chaque. J’ai dû arrêter parce que je grossissais et que ça me faisait souffrir mais du coup je culpabilise. C’est pareil dans un grand magasin, j’ai toujours envie de tout acheter, vous comprenez ?

                -Oui absolument. Vous savez, il faut savoir se montrer sélectif. Vous devez essayer d’avoir une approche différente.

                -C’est bien ce que je pensais. Alors depuis quelques temps j’essaie d’identifier, localiser, mettre le doigt sur ce qui m’intéresse, mais tout m’intéresse !

                -Cela pose en effet problème. Tâchons de procéder par étape. Par exemple, si je vous demande quelles sont vos couleurs préférées, que me répondez-vous ?

                -J’affectionne particulièrement les superbes couleurs !

                -Et lesquelles par exemple ?

                -Elles le sont toutes alors il serait indécent, inconvenant, de choisir plus précisément !

                -Je vois. Prenons un autre exemple. Essayez de vous détacher du sujet qui fait l’action, d’accord ? Imaginons un homme. Il travaille à la maison mais il habite dans un foyer bruyant et chaotique avec plein d’enfants qui courent partout. Que dois-t-il faire pour parvenir à travailler dans des conditions décentes ?

                -Il faudrait qu’il compartimente sa vie. Il devrait travailler dans une pièce et interdire aux enfants d’y entrer. Il y aurait d’autres pièces réservées à la vie de famille.

                -En somme il ferait des choix ?

                -Oui, je crois que c’est ce qu’il devrait faire.

                -Parfait, vous avez compris le principe. A vous à présent de faire des choix ! Prenons un autre exemple. Vous êtes dans un magasin vendant des produits luxueux, si chers que vous ne pouvez en acheter qu’un seul. Vous hésitez entre deux gilets. L’un est fait avec du velours, l’autre avec de la fourrure. Lequel prenez vous ?

                -Ce sont des matériaux somptueux ! Je prends les deux !

                -Non, vous devez choisir. De toute façon, vous ne pourrez en porter qu’un seul à la fois.

                -Comme pour un corsage ?

                -Hum, oui, si on veut.

                -Cela me rappelle un livre de contes que j’avais étant enfant !

                -Ah bon ? C’est intéressant. Et pourquoi cela ?

                -Parce que l’une des images représentait Boucle d’Or chez les trois ours. Vous connaissez l’histoire, n’est-ce pas ? Je me demandais toujours quel bol de soupe elle allait boire en premier. Je faisais toujours un pari avec ma mère pour tenter de deviner. Voulez-vous parier avec moi ?

                -Ce n’est pas un gros pari. Et bien, je pense qu’elle va boire la soupe de l’enfant ours en premier, et vous ?

                -Moi, je répondais toujours à ma mère qu’elle allait boire la soupe de Boucle d’Or, comme ça j’étais certaine de gagner ! Quelque soit en effet le bol de soupe choisi, cela devenait celui de Boucle d’Or et alors ma réponse était toujours correcte.

                -Et ainsi vous n’aviez pas besoin de choisir.

                -C’est ça. Vous voyez bien que mon problème remonte à ma plus tendre enfance ! L’autre jour, je suis retombée sur ce livre. Je le feuilletais quand soudain j’ai retrouvé cette illustration. Cela m’a arrêtée et…

                -Stop ! Vous venez de dire que cela vous a arrêtée, c’est bien cela ?

                -Oui, en effet…

                -Cela signifie que vous aviez fait un choix ! Et comment êtes-vous parvenue à faire ce choix ?

                -Et bien c’est parce que le visage de Boucle d’Or était baigné dans une lumière rayonnante.

                -Je comprends. C’est parce que cela vous permettait de combler un vide, des lacunes en vous.

                -Ah.

                -Absolument. Je vais vous montrer. Je vais vous décrire un vêtement et vous allez essayer de le visualiser. Fermez les yeux. Voilà. Il s’agit d’un pourpoint de brocart blanc. Il possède un simple col haut et des boutons chargés avec du fil de soie entortillé. Il est douillé et bien ajusté. A quoi cela vous fait-il penser ?

                -A un couvre-lit.

                -Et pourquoi donc ?

                -Parce qu’il est blanc et douillé, comme le couvre-lit que ma mère posait sur mon lit quand j’étais petite.

                -Et, est-ce que vous voyez souvent votre mère ?

                -Non, elle est en maison de retraite, près de Dunkerque, ce n’est pas la porte à côté.

                -Je le savais ! Votre mère vous manque et vous pensez à elle chaque fois que vous voyez quelque chose de blanc, comme le couvre-lit, ou de lumineux, comme le visage de Boucle d’Or dans votre livre ! Vous regrettez votre enfance et c’est ce blocage qui vous empêche de faire des choix !

                -Si vous le dites. Mais, à bien y réfléchir, ça me rappelle cette fête que ma mère avait tenu en notre honneur pour notre anniversaire.

                -Notre ? Vous êtes plusieurs maintenant ?

                -Mon, je voulais dire, mon ! Je me suis trompée, pas la peine de me le faire remarquer, à vouloir me mettre mal à l’aise, vous allez me faire rougir ! Tiens, vous voyez, qu’est-ce que je vous disais ? Ça arrive à chaque fois que quelqu’un veut se moquer, taquiner ma personne.

                -Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise seulement, vous étiez en train de marmonner et une hypothèse communément répandue dit que quand quelqu’un cherche à prononcer à peine ce qu’il dit, c’est que c’est bien plus important qu’il voudrait bien le faire croire. Mais soit. Si vous ne voulez pas que je m’y intéresse. Poursuivez je vous prie.

                -Ce jour-là donc, j’étais allée jouer dans le potager car la nouvelle devise des adultes c’était « ne pas cesser de boire » et cela commençais à me faire peur.

                -Vous avez donc choisi d’aller jouer dans le potager. Vous voyez, vous êtes capable de faire des choix !

                -Mais j’entendais quand même les adultes parler et un de mes oncles avait failli s’étrangler en apprenant que mon grand-père, qui venait de décéder, avait ajouté à son testament un héritier qui n’était pas un membre de la famille. Comme cette personne était présente à la fête, j’ai décidé de vider le vin qui restait dans les plans de tomates pour éviter que cela ne dégénère.

                -Vous aviez là encore fait un très bon choix, les gens ne savent plus ce qu’ils font quand ils ont trop bu. Mais, de quel vin s’agissait-il, si je puis me permettre ?

                -C’était du Bordeaux.

                -Que vous avez donc mis dans les tomates. C’est une bonne idée, cela fait un très bon engrais.

                -Vous avez déjà essayé ?

                -Évidemment, j’adore le jardinage ! Mais, je bavarde, je bavarde, et je ne m’aperçois même pas que c’est déjà la fin de notre séance ! Laissez-moi vous raccompagner à la porte.

                -Déjà ? Bon, d’accord.

                -Surtout, n’oubliez pas de faire des choix, c’est compris ?

                -Je vais m’exercer à en faire, c’est promis.

                -Ah ! Et puis, félicitations pour, quoi donc au fait ? Vos noces imminentes, c’est cela !

                -Je ne compte pas me marier.

                -Ne vous inquiétez pas, ça va venir. Et je vais être satisfait quand ce sera le cas. Au revoir !

                -Et bien, euh, oui, d’accord, au revoir. » 


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  • Commentaires

    1
    Camille.HK
    Lundi 20 Juin 2016 à 17:22

    Tu es très douée, c'était pas gagné d'arriver à en caser autant. Combien il y en a de la liste ? ^^ L'idée du psy est très bien !

    Attention à la syntaxe de cette phrase : "Mais j’entendais quand même les adultes parler et un de mes oncles avait failli s’étrangler un apprenant qu’un héritier que mon grand-père qui venait de décéder avait ajouté à son testament n’était pas un membre de la famille."

    Je pense qu'il y a un "que" de trop :)

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    2
    Lundi 20 Juin 2016 à 20:36

    Oups ! Tu as raison, je vais corriger, merci !

    Il y a les 40 mots de la liste sur Tracy Chevalier, et dans l'ordre, sinon c'était moins drôle à faire car pas assez contraignant.

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